Skip to main content
Le 11 mars 2011, au large des côtes de l'île japonaise de Honshu, un séisme de magnitude 9,1 provoque un tsunami qui engloutit 54 des 174 villes côtières à l'est de l’archipel. Les jours qui suivent, plusieurs explosions ont lieu et trois... more
Le 11 mars 2011, au large des côtes de l'île japonaise de Honshu, un séisme de magnitude 9,1 provoque un tsunami qui engloutit 54 des 174 villes côtières à l'est de l’archipel. Les jours qui suivent, plusieurs explosions ont lieu et trois des six réacteurs de la centrale nucléaire de Fukushima Dai Ichi fusionnent, déclenchant une catastrophe sans précédent.

Cécile Asanuma-Brice, chercheuse au CNRS et codirectrice d’un programme international de recherche CNRS sur les post-Fukushima studies, résidente permanente au Japon depuis 2001, était présente au moment des faits. Dix ans plus tard, elle revient sur le déroulé d’un désastre qui se prolonge jusqu’à nos jours.

Dans cet ouvrage, elle analyse les différentes dimensions de la catastrophe, notamment au travers de témoignages qu'elle a recueilli en japonais auprès des résidents, des associations, des administrations locales, nationales et internationales, du Premier ministre, Naoto Kan, en poste au moment des faits, mais aussi via le compte-rendu d’audition du directeur de la centrale nucléaire de Fukushima, Masao Yoshida. Leurs récits dissonants interrogent les modalités de gestion de l’ignorance et du droit à savoir.

Dans des circonstances qui mettent en jeu la vie de millions de personnes, qui régit l’accès à des informations de santé publique ? Qui peut décider de la non-évacuation d’une ville sinistrée ou du relogement des populations dans une ville contaminée ? Pour qui et comment s’organise la reconstruction ? Quelle communication du risque l’accompagne ?
L’ouvrage est une mémoire vive, une analyse scientifique des politiques de relogement des réfugiés, des enjeux des mesures de radioactivité et du suivi psychologique des populations traumatisées.
Préface d’Augustin Berque Un siècle de banlieue japonaise apporte une réflexion inédite sur les processus d’urbanisation de l’une des sociétés de consommation les plus avancées de la planète, dans un pays dont la population doit, de... more
Préface d’Augustin Berque
Un siècle de banlieue japonaise apporte une réflexion inédite sur les processus d’urbanisation de l’une des sociétés de consommation les plus avancées de la planète, dans un pays dont la population doit, de surcroît, souvent faire face à des désastres naturels. De la fin du 19e  siècle aux temps présents en passant par la crise de Fukushima, l’histoire de la production de l’espace nippon retracée ici nous permet de saisir l’évolution du rapport des Japonais à l’urbain et à leur milieu.

Dans ce contexte, la formation du tissu urbain banlieusard qui entoure les villes, et notamment la capitale, est un phénomène particulièrement éloquent.
Au Japon, logements publics et sociaux n’allant pas de pair, il est essentiel de saisir les motivations d’une réflexion liée au logement populaire en banlieue. Quelles sont les conséquences foncières, sociales et culturelles de la transformation de l’espace imposée par les politiques planificatrices de la seconde moitié du 20e siècle? Un siècle de banlieue japonaise présente les premières initiatives externalisées dans le domaine du logement, les influences occidentales et les prises de position qui ont donné naissance au processus de création de la banlieue japonaise, ainsi que les grands mouvements d’idées sous-jacents.

Afin d’illustrer les résultats concrets de ces phénomènes, l’auteure examine en profondeur la situation des cités de loge-ments publics japonaises, qui exprime certes la mise en œuvre de la modernité dans l’aménagement spatial, mais entraîne également des réalités socioculturelles difficiles. De la naissance du noyau urbain de Tôkyô aux emprunts à l’Amérique de l’après-guerre, de la vague du bunka à l’apogée de Kôdan (l’organisme public du logement), en passant par l’évolution inexorable d’un village où les traditions disparaissent progressivement, Cécile Asanuma-Brice nous présente la poétique et la politique de l’urbain nippon. Elle nous invite de manière spéculaire à nous interroger sur la production de l’espace urbain occidental.

Table des matières
Remerciements | 11

Préface d’Augustin Berque | 13

Introduction / Au paroxysme de
la société de consommation | 15

PARTIE I / NAISSANCE DE VILLE ET STRUCTURATION DE L’ALENTOUR

De la naissance d’Edo à la formation d’une culture d’habiter propre à la périphérie urbaine | 25

Chapitre 1 / Une organisation urbaine au rythme des plateaux | 27
Chapitre 2 / Le rôle des transports dans l’étalement urbain de Tôkyô | 53
Chapitre 3 / L’ère du Bunka 文化 | 71

PARTIE II / FORMATION D’UN SYSTÈME DE LOGEMENT PUBLIC  ET TRANSFORMATION DU MODE DE VIE EN PÉRIPHÉRIE

Naissance d’une préoccupation publique sur la question du logement social
au Japon | 85

Chapitre 1 / L’émergence de la question du logement ouvrier | 87
Chapitre 2 / Du logement d’entreprise à la ville d’entreprise Shatakugai 社宅街 | 95
Chapitre 3 / Lorsque le logement devient une préoccupation publique | 111

PARTIE III / QUAND LA BANLIEUE PERD SON LIEU

Aux prémices de la métamorphose banlieusarde | 129

Chapitre 1 / L’après-guerre 1945-1955 : mise en place des organismes de production et de gestion des logements pu-blics et évolution du cadre juridique | 131
Chapitre 2 / De la modernité | 143
Chapitre 3 / Les influences américaines | 149

PARTIE IV / L’ORGANISME PUBLIC DU LOGEMENT (KÔDAN JÛTAKU)

Naissance et décadence | 157

Chapitre 1 / 1955, début de la période de haute croissance | 159
Chapitre 2 / À nouvelle forme d’urba-nisme, communautés nouvelles | 167
Chapitre 3 / Les années 1980 : kôdan, apogée et déclin | 179

PARTIE V / VAGABONDAGE PÉRIURBAIN, DU TERRITOIRE
À LA CHOSE CONSTRUITE

Chapitre 1 / La formation de la banlieue fasuto-fûdo (ファスト風土 ) | 195
Chapitre 2 /  L’inadaptation de la ville-objet de consommation au territoire: le séisme de 2011 | 205

Conclusion / Du local au global, quand la domination de l’appareil  organisationnel détruit ceux pour qui il a été mis en place | 215

Annexe / Si la banlieue nous était contée… par ses habitants | 221
Bibliographie | 227
Glossaire | 243
Index des lieux | 247
Sources iconographiques | 249
Crédits | 253
Territoire en mouvement Revue de géographie et aménagement Territory in movement Journal of geography and planning Perspectives Administration du coronavirus au Japon : réussites et déboires CÉCILE ASANUMA-BRICE ET TRISTAN GUILLOT... more
Territoire en mouvement Revue de géographie et aménagement Territory in movement Journal of geography and planning Perspectives Administration du coronavirus au Japon : réussites et déboires
CÉCILE ASANUMA-BRICE ET TRISTAN GUILLOT
Résumé: En quelques mois, la pandémie de coronavirus a plongé le monde dans une situation de paralysie dont la durée est difficile à appréhender. Le Japon, pris entre le report des JO et la rentrée scolaire, semble avoir contenu l'épidémie dès les premières semaines, enrayant de fait le développement exponentiel subi par de nombreux autres pays. Il reste néanmoins des difficultés principalement dues à une réduction des investissements publics dans les hôpitaux contraints de réduire leur accueil.
Entrées d'index Mots-clés : gestion du risque, santé, coronavirus, Japon, pandémie
Sociologue et urbaniste vivant au Japon, Cécile Asanuma-Brice vient de publier un ouvrage détaillant comment les modèles économiques ont, depuis plus d'un siècle, transformé les paysages urbains au pays du Soleil-Levant.
Cécile Asanuma-Brice, a sociologist and urbanist living in Japan, discusses how successive economic models have been transforming the country's urban landscapes for more than a century.
Les pollutions chimiques diverses sont arrivées à un stade de destruction de notre environnement tel que l’on ne peut que s’interroger quant à notre incapacité à réagir, tant d’un point de vue politique que d’un point de vue individuel.... more
Les pollutions chimiques diverses sont arrivées à un stade de destruction de notre environnement tel que l’on ne peut que s’interroger quant à notre incapacité à réagir, tant d’un point de vue politique que d’un point de vue individuel. Dans ce texte, nous proposons une analyse du cheminement de l’être vers son autodestruction en tentant de trouver des éléments de compréhension dans le rapport qu'il entretient à l’objet et au milieu.
Research Interests:
Research Interests:
Research Interests:
Research Interests:
Book Chapter
Les manifestations américaines contre les violences policières font des émules au Japon. Le 30 mai 2020, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Shibuya (Tôkyô) (1) pour manifester leur mécontentement. Ce climat délétère,... more
Les manifestations américaines contre les violences policières font des émules au Japon. Le 30 mai 2020, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées à Shibuya (Tôkyô) (1) pour manifester leur mécontentement. Ce climat délétère, associé à la précarisation des couches de population les plus vulnérables et à l’effondrement économique de tout un nouveau pan de la société inquiète.
Research Interests:
En quelques mois, la pandémie de coronavirus a plongé le monde dans une situation de paralysie dont la durée est difficilement appréhendable. Le Japon, pris entre le report des JO et la rentrée scolaire, semble avoir maîtrisé l'épidémie... more
En quelques mois, la pandémie de coronavirus a plongé le monde dans une situation de paralysie dont la durée est difficilement appréhendable. Le Japon, pris entre le report des JO et la rentrée scolaire, semble avoir maîtrisé l'épidémie dès les premières semaines, enrayant de fait son développement exponentiel. Il reste néanmoins des difficultés principalement dues à une réduction des investissements publics dans les hôpitaux contraints de réduire leur accueil. Au loin, une sirène retentit. Dans un pays où la population vieillissante est composée à 28% de personnes ayant plus de 65 ans, les ambulances tournoient quotidiennement. Mais en cette période de confinement, elles génèrent une tension latente absente d'ordinaire. Car ça y est. Le Japon, en proie au SARS-CoV-2, a franchi, lui aussi, le pas vers un confinement souple, plus conseillé qu'imposé, mis en place en deux temps, d'abord pour les sept préfectures les plus touchées depuis le 11 avril (Tôkyô, Kanagawa, Saitama, Chiba, Ôsaka, Hongo et Fukuoka), puis, devant la multiplication des cas, en généralisant ces mesures à l'ensemble du Japon le 17
INTERNATIONAL Quelque 160 000 personnes ont été évacuées suite à l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi, après le tremblement de terre et le tsunami qui frappèrent le Japon le 11 mars 2011, il y a neuf ans. Mitate Lab., un... more
INTERNATIONAL Quelque 160 000 personnes ont été évacuées suite à l'accident de la centrale de Fukushima Daiichi, après le tremblement de terre et le tsunami qui frappèrent le Japon le 11 mars 2011, il y a neuf ans. Mitate Lab., un programme de recherche international de 5 ans accueilli par l'université Nihon de Tokyo et auquel participent le CNRS et le CEA, vient d'être mis en place pour étudier la réouverture de la zone d'évacuation. Le 26 mars, la flamme olympique aurait dû passer par la zone évacuée autour de Fukushima suite aux tremblement de terre et tsunami du 11 mars 2011 et à l'accident de la centrale nucléaire qui en a découlé. Ce n'est que partie remise, les Jeux ayant été reportés au plus tard à l'été 2021. Un symbole fort pour les premiers Jeux olympiques organisés au Japon depuis cette catastrophe. « Cette initiative illustre parfaitement notre projet, assure Cécile Asanuma-Brice, chercheuse en sociologie urbaine au CNRS et co-responsable du projet Mitate Lab.. Car la question sous-jacente à notre travail est : comment administre-ton un désastre dans la société industrielle actuelle qui rentabilise jusqu'au risque lui-même ? » Le projet Mitate Lab. a été créé au premier janvier 2020, afin d'étudier la réouverture de la zone d'évacuation qui entoure la centrale accidentée. Le gouvernement japonais a en effet levé dès 2017 l'ordre d'évacuation dans la plupart des 12 communes de la zone, appelant la population à revenir. Une vingtaine de scientifiques, principalement français et japonais, mais aussi américains, de divers domaines rassemblent donc « toute une série de compétences complémentaires pour comprendre ce qui se passe dans cette situation unique », explique Olivier Evrard, l'autre co-responsable du programme, géochimiste au Laboratoire des sciences du climat et de l'environnement. Accueil ! CNRS Info Fukushima : un retour sous haute surveillance 1 2
Les conséquences du typhon 19 qui a longé la moitié nord-est de la principale île japonaise sont toujours présentes un mois après l’événement climatique. Les rivières en crue ont été à l’origine de nombreuses inondations mortelles. Les... more
Les conséquences du typhon 19 qui a longé la moitié nord-est de la principale île japonaise sont toujours présentes un mois après l’événement climatique. Les rivières en crue ont été à l’origine de nombreuses inondations mortelles. Les fortes précipitations ont lavé les sols des montagnes de Fukushima pour ramasser les nucléides encore présents, dans les vallées pour partie habitées.
Voyage dans une zone interdite qui ne l'est plu. Dans la gare de Fukushima, on décompte les jours. Deux écrans noirs dans un cube blanc sur lesquels sont affichés les jours restants avant le commencement des jeux olympiques sont comme... more
Voyage dans une zone interdite qui ne l'est plu.
Dans la gare de Fukushima, on décompte les jours. Deux écrans noirs dans un cube blanc sur lesquels sont affichés les jours restants avant le commencement des jeux olympiques sont comme deux orbites béants d’un crâne vide. L’enthousiasme sportif laisse place à la colère ravivée des habitants à la face desquels on impose l’oubli. Pourtant, l’une des plus grandes catastrophes nucléaires mondiales est toujours bien présente. (Crédits photos : ©Cécile Asanuma-Brice)
Les pollutions chimiques diverses sont arrivées à un stade de destruction de notre environnement tel que l’on ne peut que s’interroger quant à notre incapacité à réagir, tant d’un point de vue politique que d’un point de vue individuel.... more
Les pollutions chimiques diverses sont arrivées à un stade de destruction de notre environnement tel que l’on ne peut que s’interroger quant à notre incapacité à réagir, tant d’un point de vue politique que d’un point de vue individuel. Dans ce texte, nous proposons une analyse du cheminement de l’être vers son autodestruction en tentant de trouver des éléments de compréhension dans le rapport qu'il entretient à l’objet et au milieu.
"Brutalement, le silence" ("Kyôbô na made no chinmoku"), un court métrage réalisé par Vincent Guilbert relatif à l’explosion de la centrale nucléaire de Fukushima
La manifestation du 24 mars 2018 pour le contrôle de la détention d’arme aux Etats-Unis dépasse largement le problème américain pour mettre en évidence des logiques propres aux violences structurelles auxquelles font face nos sociétés.
Alors que la zone d'évacuation autour de la centrale est en train d'être abolie par les autorités, des billes de césium en provenance de la centrale nucléaire de Fukushima disséminées à 450 km des lieux de l’explosion, ont été retrouvées... more
Alors que la zone d'évacuation autour de la centrale est en train d'être abolie par les autorités, des billes de césium en provenance de la centrale nucléaire de Fukushima disséminées à 450 km des lieux de l’explosion, ont été retrouvées dans les cours d'eau.
Alors que démagogie et nationalisme prennent le pas sur la prévention des risques, c'est autour du 11 mars que chaque année, depuis l'accident nucléaire de 2011, une série de conférences destinées à prôner un retour à la vie normale en... more
Alors que démagogie et nationalisme prennent le pas sur la prévention des risques, c'est autour du 11 mars que chaque année, depuis l'accident nucléaire de 2011, une série de conférences destinées à prôner un retour à la vie normale en zone contaminée sont organisées. A défaut de sauver les populations qui en sont victimes, sauver l'industrie nucléaire est désormais le combat de quelques uns, dont le rôle est de faire porter la responsabilité de la gestion des conséquences des aléas de l'atome sur les populations qui les subissent. Un jeu de rôle pas comme les autres.
Research Interests:
Research Interests: