Orou, dynaste de Carie morein P. Brun (ed.), Scripta Anatolica, Mélanges en l'honneur de Pierre Debord (Bordeaux, 2007), p 103−111. |
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Anatolian Languages, Numismatics, Ancient Greek Numismatics, Anatolian History, Classical Archaeology, Achaemenid History, Ancient numismatics (Archaeology), Carian, Ancient economies (Archaeology), Ancient Lycia, Lycian, Ancient Caria, and Ancient Numismatics (Anatolia)
orou, dynaste de carie
Koray KonuK
Il est en général aisé de distinguer les monnaies de la Carie de celles de la Lycie, en particulier lorsque celles-ci comportent une légende 1. Il existe néanmoins quelques séries monétaires qui prêtent à confusion en raison de certaines habitudes monétaires communes d’une région à l’autre. À quelques rares exceptions près, les Lyciens restèrent fidèles à leur langue sur leurs frappes monétaires. Ce n’est qu’à partir de l’époque hellénistique que le grec finit par supplanter le lycien sur les légendes monétaires qui d’ailleurs ne servirent plus qu’à indiquer l’ethnique. Les noms des dynastes locaux quant à eux ne se retrouvent naturellement que sur les frappes d’époques archaïque et classique. Certains de ces noms apparaissent également sur des inscriptions lyciennes, d’autres en revanche n’existent qu’à travers le témoignage des monnaies. La situation était assez semblable en Carie, même si l’usage du grec était beaucoup plus répandu. L’objet de ces quelques pages est de situer en Carie une série d’émissions d’argent du ve siècle a.C. longtemps attribuée à un atelier et à un dynaste incertains de Lycie. Décrivons pour commencer toutes les variétés connues de ce monnayage.
catalogue
Cet inventaire ne vise pas à l’exhaustivité des exemplaires conservés. Son but est de présenter chaque variété par le biais des spécimens publiés dans les catalogues usuels. Le premier exemplaire (a) est à chaque fois illustré sur la planche.
Type 1
D/ Protomé de taureau ailé à tête humaine barbue à gauche, pattes repliées. R/ Buste de femme à gauche, les cheveux nattés retombant sur le cou et les épaules ; le tout dans un carré creux limité par un grènetis.
1. Il m’est un plaisir d’offrir cette note carienne à Pierre Debord dont nombre de travaux ont porté sur la Carie.
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1.1. Hémistatère éginétique : (a) numismatica ars Classica P (2005), 1557 (5,85g) ; (b) Paris Bn, Babelon 1910, 255, 312, pl. 98, 1 (5,80g) ; (c) ashton 1999a, 513 (5,83g ; 12H) ; (d) Konuk 2002, 1053 (5,69g) ; (e) Giessener 90 (1998), 410 (5,85g) ; (f) Giessener 90 (1998), 356 (lot multiple, dernière monnaie), (g) 357 (lot multiple, dernière monnaie), (h) 358 (lot multiple, dernière monnaie). 1.2. 1/4 de statère : (a) Gorny & Mosch Giessener 147 (2007), 1494 (2,93g) ; (b) new york anS : 1977.158.458 (2,87g ; 12H) ; (c) ashton 1999a, 514 (3,12g ; 12H), (d) 515 (2,77g ; 12H), (e) 516 (2,64g ; 12H) ; (f) von aulock 1968, 8475 (3,02g) ; (g) Vismara 1989, 91 (2,90g) ; (h) Giessener 90 (1998), 411 (2,93g). 1.3. 1/6 ou 1/8 de statère : (a) ashton 1999a, 517 (1,73g ; 12H). 1.4. 1/16 de statère (tête et non buste) : (a) B. Peus 376 (2003), 455, (0,64g) ; (b) Londres BM : Hill 1897, 17, 78 (0,71g).
Type 2
D/ Protomé de taureau ailé à tête humaine barbue à droite, pattes repliées. R/ oFoV ; tête de femme à droite, les cheveux sur le cou ; le tout dans un carré creux limité par un grènetis.
2.1. 1/4 de statère éginétique : (a) oxford ashmolean : Robinson 1967 (2,87g ; 06H), (b) Robinson 1964 (2,66g ; 06H) ; (c) Londres BM : Hill 1897, 16, 73 (pierced, 2,64g), (d) 74 (2,80g) ; (e) new york anS : 1977.158.456 (2,61 ; 06H), (f) 1983.51.593 (2,70g ; 05H), (g) 1944.100.50653 (2,85g ; 05H) ; (h) Paris Bn, de Luynes, Babelon 1910, 255, 313, pl. 98, 2 (2,81g) ; (i) von aulock 1964, 4118 (2,76g), (j) 4119 (2,78g) ; (k) Copenhague, Mørkholm, 1955, 17 (2,83g ; 06H) ; (l) Berry, Thompson 1962, 1166 (2.82g) ; (m) ashton 1999a, 442 (2,74g ; 12H), (n) 443 (2,92g ; 12H), (o) 444 (2,84g ; 12H) ; (p) von aulock 1968, 8473 (3,02g) ; (q) Vismara 1989, 90 (2,93), (r) 92 (2,88g), (s) 93 (2,73g) ; (t) Giessener 90 (1998), 412 (2,96g), (u) 413 (2,75g) ; (v) Gorny & Mosch Giessener 122 (2003), 1459 (2,83g), (w) 130 (2004), 1258 (2,83g) ; (x) Baldwin’s 43 (2005), 2029 (2,99g) ; (y) G. Hirsch 250 (2007), 696 (2,85g) ; (z) F. R Künker 71 (2002), 378 (2,88g ; 03H). 2.2. 1/8 de statère (cheveux en chignon) : (a) B. Peus 376 (2003), 454 (OFOΛ ; 1,46g) ; (b) Londres BM : Hill 1897, 16, 75 (1,41g) ; (c) new york anS : 1998.115.74 (1,31g ; 09H) ; (d) ashton 1999a, 445 (1,43g ; 03H) ; (e) Vauctions Freeman & Sear (2006), G6617 (1,25g). 2.3. 1/16 de statère : (a) von aulock 1968, 8474 (0,67g) ; (b) new york anS : 1983.51.595 (0,68g ; 12H) ; (c) Ashton 1999a, 446 (anépigraphique ; 0,85g ; 12H), (d) 447 (OFOΛ ; 0,65g ; 03H) ; (e) Klein 1999, 604 (0,66g ; 10H) ; (f) Vismara 1989, 94 (0,73g) ; (g) ancient Imports, ebay #468879337 (2000) (0,8g). 2.4. 1/32 de statère : (a) Vauctions WCnC 18.04.2007 (0,28g 6.79mm) ; (b) new york anS : 1983.51.596 (0,29) ; (c) ashton 1999a, 448 (0,32g ; 03H) ; (d) ancient Imports, ebay #1356109653 (2002) (anépigraphique ; 0,3g).
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Type 3
D/ Sphinx assis à droite levant la patte gauche de devant. R/ oFoV ; tête de femme à droite, les cheveux sur le cou ; le tout dans un carré creux limité par un grènetis.
3.1. 1/10 de statère éginétique : a) oxford ashmolean : Pullan 1991 (1,00g ; 06H) ; b) Pullan 1991 (0,88g ; 06H) ; (c) new york anS : 1983.51.594 (1,02 ; 06H) ; (d) Londres BM : Hill 1897, 16, 76 (1,06g) ; (e) Paris Bn, Babelon 1910, 316, pl. 98, 4 (0,94g) ; (f) von aulock 1964, 4120 (1,05g) ; (g) ashton 1999a, 449 (anépigraphique ; 1,02g ; 12H) ; (h) Harlan J. Berk, ebay #1226099861 (2001) (0,96g). 3.2. 1/5 de statère (légende avec oF) : (a) ashton 1999a, 450 (0,50g ; 03H) ; (b) von aulock 1964, 4121 (0,52g).
Il ne fait pas de doute que le Type 1 d’une part et les Types 2 et 3 inscrits et postérieurs d’autre part ont été frappés par le même atelier. Il y a clairement une continuité aux niveaux de l’iconographie, de l’étalon pondéral et des dénominations 2. on doit à Six le premier classement systématique des monnaies lyciennes et c’est parmi elles que fut classée la série qui nous intéresse 3. Dans une étude antérieure, Six fut néanmoins bien inspiré de la considérer comme carienne ou peut-être cilicienne en raison de leur légende 4. Imhoof-Blumer a lui aussi penché pour la Cilicie mais sans trop de conviction 5. Babelon 6 et Hill 7 ont considéré qu’une origine lycienne était la plus probable en comparant le type du droit avec le taureau androcéphale aux émissions de même type du dynaste Kuprlli. or, plusieurs éléments, certains récents et inédits, indiquent une origine carienne pour ce monnayage.
2. Six 1886, 155 et Hill 1897, xxxiii avaient déjà noté cette parenté. La plupart des catalogues classent ces types ensemble, mais il en existe d’autres où les monnaies de Type 1 sont placées à part, voir par exemple ashton 1999a, 513-517 (sous ‘Lykia?’). 3. Six 1886, 154-155 : “La légende et le poids conviennent à la Lycie. C’est d’ailleurs tout ce que l’on peut alléguer en faveur de l’attribution de cette série à une des villes de Lyciens”. 4. Six 1879, 85-86, nos. 17 et 18. 5. Imhoof-Blumer 1883, 469, nos. 63 à 67. 6. Babelon 1893, CXII fait preuve d’une prudence salutaire : “Il n’est pas sûr que les pièces décrites sous les nos 549 à 552 soient lyciennes ; cependant elles appartiennent sinon à la Lycie, du moins à une région voisine de cette contrée”. Plus tard, Babelon 1910, 257 fait preuve de la même réserve : “Ces pièces (nos 312-316) forment un groupe bien déterminé par leur poids qui est éginétique, par leur type si étrange, et par leur légende qui est peut-être pamphylienne ou carienne plutôt que lycienne”. Mais il préfère tout de même suivre la piste lycienne en ajoutant : “on pense que ce dynaste a dû régner dans le district du Masicytos, peut-être à Lymira”. 7. Hill 1897, xxxiii et 16.
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en premier lieu, on peut s’interroger sur le choix de l’étalon pondéral qui est éginétique et dont l’usage était pour ainsi dire inconnu en Lycie, région où les ateliers battaient monnaie suivant des étalons locaux 8. Cette anomalie ne semble pas avoir attiré l’attention des spécialistes dont certains ont préféré proposer un autre étalon, sans doute parce que le système éginétique était étranger à la Lycie 9. Il est néanmoins clair que l’étalon en question est éginétique, même si l’unité, le statère, n’est pas (encore ?) connue pour notre série 10. Les premières émissions (Type 1) sont anépigraphes et c’est parmi elles que l’on retrouve la dénomination la plus lourde, un hémistatère d’un poids de c. 5,80g 11. Ce poids correspond précisément à celui des hémistatères contemporains de Caunos 12. Les émissions anépigraphes comprennent également des quarts, des huitièmes (ou sixièmes) 13 et des seizièmes de statère. Viennent ensuite les émissions inscrites avec les dénominations suivantes : quart de statère (de loin la plus couramment frappée), huitième, seizième et trente-deuxième de statère. L’autre série, celle au sphinx (avec ou sans légende), se compose de douzièmes et de vingt-quatrièmes de statère. Il est intéressant de noter que l’on retrouve à Caunos non seulement le même étalon, les mêmes dénominations, mais sans doute également ce double système de division 14. Ce qui pose un problème ce n’est donc pas l’identification de l’étalon mais celle de la région de frappe qui ne peut être la Lycie. en revanche, la Carie était la région de prédilection de l’étalon éginétique. Il y a ensuite un trésor inédit dispersé en 1998 qui apporte des précisions supplémentaires sur l’origine de nos monnaies. Vendu sur le marché numismatique de Munich, il est toutefois possible d’en reconstituer l’essentiel. La plupart des
8. Mørkholm 1964, 67. 9. Par exemple, Vismara 1989, 169 propose, avec un point d’interrogation mais selon toute évidence à tort, le système des sicles perses. 10. C’est à Babelon 1910, 253-254 que revient l’identification de l’étalon éginétique. 11. Curieusement Babelon estime que ces monnaies sont d’étalon ‘lycien’, Babelon 1910, 315 et 315bis. 12. Konuk 1998, 200. 13. un exemplaires unique de la collection Keckman (ashton 1999a, 517) d’un poids de 1,73g suggérerait l’existence de sixièmes de statère, mais cela reste à confirmer ; il pourrait s’agir d’un huitième de statère mal ajusté. 14. J’ai attribué à l’atelier de Caunos une série de divisionnaires portant un sphinx de chaque côté d’un poids de c. 0,90g : Konuk 1998, 214-215. La représentation du sphinx est très proche de celle que l’on retrouve sur les premiers bronzes à légende carienne de Caunos. Pour expliquer le poids inhabituel de ces fractions, j’ai pensé, vraisemblablement à tort, que Caunos avait fait usage d’un autre étalon. or, comme pour les émissions de Type 3, Caunos a frappé des dixièmes de statère de types différents par rapport aux autres dénominations.
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monnaies de ce trésor se retrouverait dans les lots de deux catalogues de vente de la maison Giessener 15. La composition de ce trésor, telle que l’on peut la reconstituer à travers ces catalogues et le stock de la firme Giessener 16, est la suivante : plus d’une centaine de statères, d’hémistatères et de quarts de statère de Caunos (cat. 90 : lots 347-350, 352-358 ; cat. 92 : lots 218-223, 225-228) ; plusieurs douzaines de statères et d’hémidrachmes d’ateliers incertains de la Carie (cat. 90 : lots 345-346, 351 ; cat. 92 : lots 216-217, 225, première monnaie du lot multiple) ; un peu moins d’une dizaine de drachmes de Cnide (cat. 92, lots 229-232) ; quelques tétradrachmes d’athènes (cat. 92 : lots 166-167) ; et, enfin, une demi-douzaine d’hémistatères et quarts de statère de notre Type 1 (cat. 90 : lots 356, dernière monnaie du lot multiple, 357, dernière monnaie, 358, dernière monnaie, 410 et 411). Sans entrer dans le détail de la chronologie de ces monnaies, on constate qu’il y a une nette concentration dans la période 490-470 a.C. Les tétradrachmes d’athènes, par exemple, sont datés avec une certaine précision des années 485-480 a.C. Les statères de Caunos du trésor datent quant à eux de la fin de ma période I (c. 490-470 a.C.). Par conséquent, la date de clôture du trésor peut être située vers 470 a.C. Ce trésor nous permet de dater avec une certaine assurance le Type 1 des années 490-470 a.C. 17 un autre élément d’importance qui plaide en faveur de la Carie est la légende monétaire que l’on retrouve sur les Types 2 et 3. elle figure au revers d’une manière régulière à la verticale, à droite devant la tête de profil, même si l’on constate parfois quelques petites variantes de forme comme un point à l’intérieur du caractère o ou bien renversement de la dernière lettre. La légende oFoV, toujours lue jusqu’à présent d’après l’alphabet lycien, est transcrite uvug, uwug ou uwuk, nom inconnu par ailleurs 18. Comme les éléments exposés plus haut incitent à nous tourner du côté de la Carie, la transcription suivant l’alphabet carien donnerait orou. une forme assez proche de cet anthroponyme se rencontre en Pamphylie : Erymneus 19. La forme dialectale est fournie par des épitaphes d’aspendos : Orymneus ou Oroumneus 20. Il existerait en outre une ville de Pisidie du nom d’orymna. on voit qu’une transcription
15. (Giessener Münzhandlung, Dieter Gorny GmbH, Munich, catalogues 90, octobre 1998 et 92, novembre 1998). 16. J’ai pu examiner à Munich les monnaies du trésor en novembre 1998 grâce à la bienveillance de la firme Giessener. Toutes les monnaies du trésor en consignation chez Giessener n’ont pas été illustrées dans les catalogues 90 et 92. 17. La date de la fin du vie siècle a.C. proposée dans Cahn 1970, 106 est donc trop haute. 18. Cette légende figure dans l’inventaire Die lykischen Münzlegenden : Mørkholm & neumann 1978, M16. 19. Robert 1963, 375-376. 20. Zgusta 1964, 175 ; 360-2.
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depuis le carien est plus convaincante. Cela m’a d’ailleurs conduit à inclure orou dans mon catalogue des légendes monétaires en carien 21. Se pourrait-il que le orou de nos monnaies soit en fait le début (les quatre premières lettres) d’un nom plus long à l’exemple de oroumneus? Ce n’est pas exclu mais l’habitude des graveurs cariens à cette époque était soit de donner le nom dans son intégralité, ou bien d’indiquer l’initiale ou les deux, voire tout au plus les trois premières lettres du nom 22. L’identification du buste (sur les premières émissions anépigraphes) ou de la tête (sur les émissions ultérieures inscrites) n’est pas aisée. en atteste les descriptions variées que l’on retrouve dans les catalogues. Le buste est clairement celui d’une femme alors que la tête est décrite aussi bien comme celle d’un homme imberbe que celle d’une femme 23. Le buste ne pose donc pas de problème de genre mais de ‘race’. Il s’agit bien d’une femme dont les cheveux nattés retombent sur le cou et les épaules et dont les traits sont pour certains africains 24. Babelon estime que “la tête de négresse est sans doute aphrodite Melainis” 25 et en note il ajoute : “si l’on pouvait y reconnaître sûrement une figure d’homme, ce serait Sarpédon, un des héros mythiques de la Lycie”. Dans le catalogue de la collection Kayhan, j’ai préféré décrire ce buste tout simplement comme féminin 26. Je ne pense pas qu’il faille voir dans le traitement des cheveux au moyen de petits points le signe de cheveux crépus, ni de reconnaître des traits africains dans la morphologie de ce visage. Il s’agit avant tout d’une représentation archaïque provenant d’une région où le style est parfois inattendu, loin des schémas classiques 27. en ce qui concerne la tête au revers des types inscrits (Types 2 et 3), Hill a considéré avec bon sens que le buste et la tête devaient représenter le même personnage 28. Il
21. Konuk 2007, 490-491. 22. Comme c’est justement le cas avec les deux lettres oF que l’on rencontre sur les monnaies de Type 3.2. D’autres exemples sont dans Konuk 2007. 23. Six 1886, 154-155 et Six 1879, 85-86 décrit la tête tantôt comme celle d’apollon, tantôt comme une tête imberbe. von aulock 1964, 4118-4119 et 1968, 8473-8475 considère que la tête est masculine de même que von aulock 1968, 8473-8474. Les exemplaires de la collection Keckman sont décrits comme “Male head (apollo ?)” : ashton 1999a, 442-450. Dans le catalogue du British Museum, Hill 1897, avec prudence, cède au charme féminin de la tête : “Female (?) head”. Babelon 1910, 255-256 témoigne la même sensibilité mais sans la prudence : “Tête de femme (aphrodite, sphinx ?)”. Head 1911, 690 : “beardless head (of apollo, or of a sphinx) ”. beardless 24. on trouve les termes de négresse (Babelon 1893, 549, Babelon 1910, 315), negress (Hill 1897, xxxiii ; ashton 1999a, 513-517), nigrine (Hill 1897, 16, 78), negerin (von aulock 1968, 8475). 25. Babelon 1910, 258. 26. Konuk 2002, 1053. 27. Cahn 1970, 106 décèle une influence cnidienne dans le style de notre buste. 28. Hill 1897, xxxiii.
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s’agirait alors d’une tête féminine, ce que laisse d’ailleurs suggérer la représentation que l’on retrouve sur les huitièmes de statère (2.2.) sur lesquels la tête est coiffée d’un chignon et l’oreille porte une boucle d’oreille. Sur les cinq exemplaires répertoriés pour 2.2., on peut distinguer au moins 3 coins de revers. Il ne s’agit dès lors pas d’une variété unique de coin ; c’est bien un choix délibéré qui a conduit à représenter une tête féminine. Je serais par conséquent enclin à considérer que la tête au revers des Types 2 et 3 est toujours féminine et qu’elle n’est en fait que la continuation dans un style plus tardif du buste féminin de Type 1. Certains ont proposé d’identifier cette tête féminine, la même selon nous pour toute la série, avec le sphinx que l’on retrouve au droit du Type 3 29. La datation du Type 1 (490-470 a.C.) a été résolue grâce au trésor inédit décrit plus haut. en ce qui concerne le Type 2, son style plus tardif indique clairement une postériorité qu’il est néanmoins difficile de préciser en raison de l’absence d’éléments objectifs de datation. Comme il existe une différence assez marquée de style par rapport au Type 1, il serait tout à fait envisageable que les frappes de Type 2 n’aient pas directement succédé chronologiquement à celles de Type 1. un arrêt d’une ou de deux décennies est possible. au regard des ces considérations, j’opterais pour une datation assez large de la seconde moitié du ve siècle a.C. qui sera, on l’espère, affinée par la découverte et l’étude de nouveaux trésors. La question de l’identification de l’atelier monétaire ne pourrait aller à ce stade au-delà d’une zone géographique. Les premières émissions (Type 1) sont sans doute civiques et elles ont été suivies par des frappes au nom d’un dynaste carien du nom d’orou qui devait exercer un contrôle sur cette ville et son atelier monétaire. Si l’on considère les similitudes qui existent avec le monnayage contemporain de Caunos, une ville située près de la vallée de l’Indos est vraisemblable. en outre, l’alphabet carien comporte des variantes locales et la lettre F est surtout attestée à Caunos et dans sa région, alors que cette même lettre a la forme [ ailleurs en Carie 30. Il existe une autre série de fractions que d’aucuns considèrent comme provenant du même atelier que nos monnaies en raison du taureau ailé qui figure également au droit de ces monnaies 31. Mais ce taureau n’est pas androcéphale et le type de revers est une tête de gorgone de face tirant la langue dans un carré creux. Les poids observés tournent autour de 1,40g, ce qui correspondrait à un huitième de statère d’étalon
29. Babelon 1910, 255-256 ; Head 1911, 690 30. adiego (2007), 224. 31. Vismara 1989, 95 (tête de taureau décrite par erreur comme androcéphale ; 1,37g) ; ashton 1999a, 519 (1,45g ; 12H), 520 (1,39g ; 06H), 521 (1,23g ; 03H) ; von aulock 1964, 4101 (1,36g) ; F. R. Künker 94 (2004) 1253 (une lettre ? comme un T renversé dans le coin inférieur droit au revers ; 1.45g) : ce dernier exemplaire illustré sur notre planche, a.
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éginétique. Deux variantes existent avec une fraction dont le revers représente une tête d’Héraclès coiffée de la léontée 32 et une autre fraction plus petite dont le droit ne porte que la tête de taureau 33. Il existe également une autre fraction que l’on pourrait rattacher à ce groupe avec un revers identique à la gorgone mais un droit avec un protomé de sanglier ailé 34. J’estime pour ma part que l’on ne peut pas à l’heure actuelle attribuer ces monnaies, vraisemblablement cariennes, au même atelier que notre série. Il faut enfin signaler une autre fraction attribuée à tort à ‘uvug’ à la suite d’une erreur d’identification 35. Cette monnaie aurait été découverte à Chypre et présente au droit un protomé de sanglier ailé vers la droite et au revers une tête féminine portant un casque corinthien vers la droite, sans doute athéna. Il s’agit en fait d’une monnaie bien connue attribuée habituellement à Ialysos sur l’île de Rhodes 36.
32. Deux spécimens sont connus : von aulock 1968, 8471 (0,66g) ; ashton 1999a, 518 (0,61g ; 03H) : voir notre planche, B. 33. new york anS 67.197.5 (2.44g ; 09H) : planche, C. 34. ashton 1999a, 522 (0,65g ; 03H) : planche, D 35. Vismara 1999. 36. von aulock 1962, 2777-2778 ; Westermark & ashton 1994, 303ff ; Konuk 2002, 901.