Skip to main content

Academia.edu no longer supports Internet Explorer.

To browse Academia.edu and the wider internet faster and more securely, please take a few seconds to upgrade your browser.

Alors que la notion de frontière naturelle appliquée aux fleuves est largement utilisée, cette dernière est peu opératoire en contexte amazonien où les mobilités et les communautés linguistiques préexistaient aux établissements des... more
Alors que la notion de frontière naturelle appliquée aux fleuves est largement utilisée, cette dernière est peu opératoire en contexte amazonien où les mobilités et les communautés linguistiques préexistaient aux établissements des Etats-Nations. La question de l'influence des frontières (étatiques ou perçues par les habitants) sur les pratiques langagières et sur la conception de soi et d'autrui se pose néanmoins. Cet article se penche ainsi sur le rôle des frontières étatiques sur la conception des variétés de langues en présence, en particulier chez les Marrons en Guyane et au Surinam et montre comment, alors que les variations linguistiques indexent généralement des identités ethnoculturelles, on observe, dans un environnement urbain frontalier, un effacement des frontières entre variétés de langue au sein des interactions verbales. L'article montre finalement comment, dans ce contexte, par micro-ajustements, alignements ou désalignements à la parole de l'autre, les pratiques langagières construisent à chaque instant nos rapports aux autres dans la différenciation ou la convergence grâce à des effacements de frontières ou des mises en frontières.
On the French Guiana-Suriname border, a hybrid space, members of the same population groups engage in circular mobility but little is known about the practices of these transnational communities. We explore how traditional emic social... more
On the French Guiana-Suriname border, a hybrid space, members of the same population groups engage in circular mobility but little is known about the practices of these transnational communities. We explore how traditional emic social distinctions, modern states' language ideologies and emerging discourses in the urban context shape Maroon's practices and identities in the border zone. A survey of language repertoires and long-term ethnographic fieldwork, including recordings of situated multilingual interactions, allow us to explore people's alignment with national language ideologies and the nature of distinctive ideologies, identifications and practices that can be observed in the border zone. We show that the border zone constitutes a separate sociolinguistic area, in terms of both language use and ideologies. However, similarities do not preclude sharp differences at other levels because multiple identifications co-exist. The findings support a layered and dynamic perspective of identity and illustrate how contradictory perspectives simultaneously overlap on one or several scales.
This paper first presents recent works in the study of multilingualism and its linguistic and social consequences, focusing on methodology. It is based on Southern case studies and heterogeneous language practices which invalidate... more
This paper first presents recent works in the study of multilingualism and its linguistic and social consequences, focusing on methodology. It is based on Southern case studies and heterogeneous language practices which invalidate traditional descriptive categories.  It focuses then on domains with striking socio-political issues of the Global South: linguistic citizenship rather than linguistic rights, multilingual and multicultural Education and Health
Ce chapitre montre comment les travaux francophones sur la pratique des langues en famille et les discours qui y sont liés diffèrent de l’orientation prise par les travaux s’inscrivant dans le champ des politiques linguistiques familiales... more
Ce chapitre montre comment les travaux francophones sur la pratique des langues en famille et les discours qui y sont liés diffèrent de l’orientation prise par les travaux s’inscrivant dans le champ des politiques linguistiques familiales tel qu’il a été défini dans la littérature anglophone. Il présente, dans une première partie, plusieurs approches méthodologiques complémentaires utilisées dans les travaux francophones permettant de documenter et comprendre la transmission des langues au sein de familles transnationales et d'illustrer à la fois des tendances et des choix et parcours individuels. L’analyse des représentations graphiques proposées (pour figurer les répertoires ou les interactions en famille) montre, en particulier, une centration sur l’individu en tant qu’acteur social. La sphère familiale n’a ainsi pas constitué une échelle d’interprétation pertinente pour des analyses sociopolitiques. En s’appuyant ensuite sur le travail ethnographique multi-sites (Marcus 1995) réalisé auprès de familles transnationales d'origine brésilienne vivant entre le Brésil, la Guyane et la France (Gorovitz et Léglise 2015), ce chapitre montre comment le recueil de biographies langagières individuelles et la réalisation de généalogies familiales commentées, associées aux répertoires linguistiques déclarés des individus, fournissent de beaux témoignages, en synchronie et en diachronie, sur les dynamiques langagières et sociales au sein de ces familles et éclairent notamment le fait que la PLF soit une non-question au sein de ces dernières.
Cet article présente d'abord quelques travaux récents dans l'étude du multilinguisme et de ses conséquences – linguistiques et sociales – en insistant sur des aspects méthodologiques. Il se fonde sur des exemples provenant de terrains... more
Cet article présente d'abord quelques travaux récents dans l'étude du multilinguisme et de ses conséquences – linguistiques et sociales – en insistant sur des aspects méthodologiques. Il se fonde sur des exemples provenant de terrains situés dans les Suds et sur l'analyse de pratiques langagières hétérogènes qui obligent à revoir les catégories descriptives traditionnelles. Il présente ensuite des domaines – comme autant de chantiers à explorer-dans lesquels les enjeux du Global South sont particulièrement criants : dans le domaine de la citoyenneté linguistique (plutôt que des droits linguistiques), dans le domaine de l'éducation plurilingue et interculturelle et dans le domaine de la santé.

This paper first presents recent works in the study of multilingualism and its linguistic and social consequences, focusing on methodology. It is based on Southern case studies and heterogeneous language practices which invalidate traditional descriptive categories. It focuses then on domains with striking socio-political issues of the Global South: linguistic citizenship rather than linguistic rights, multilingual and multicultural Education and Health.
Recent anthropological and socio-historical research on Maroon populations suggests that Maroon communities have undergone significant social change since the 1960s spurred by processes of urbanization. However, to date very little is... more
Recent anthropological and socio-historical research on Maroon populations suggests that Maroon communities have undergone significant social change since the 1960s spurred by processes of urbanization. However, to date very little is known about how these social changes are impacting on the Maroon Creoles as there is very little sociolinguistic research being carried out in the region. The aim of this paper is to examine the sociolinguistic context of the Maroon Creoles in the light of data from two recent sociolinguistic surveys carried out in Suriname and French Guiana. The findings demonstrate that the sociolinguistic status of Maroon languages has undergone various changes. Several of them are now well represented in French Guiana and, as additional languages, are gaining speakers both in Suriname and French Guiana. While their speakers increasingly practice them together with other languages, thus displaying their multilingual repertoire, there is little indication that their survival is threatened because their speakers predominantly hold positive attitudes towards them.
This chapter aims to take a fijirst step towards improving our understanding of Suriname’s contemporary linguistic context. It is based on the results of a recent sociolinguistic survey carried out among primary school children in... more
This chapter aims to take a fijirst step towards improving our understanding
of Suriname’s contemporary linguistic context. It is based on the results of
a recent sociolinguistic survey carried out among primary school children in
Suriname. Exploring children’s statements about their own and their families’
language practices, their language attitudes, their language learning desires
and self-assessment of their linguistic competence, we describe the contemporary
sociolinguistic situation of Suriname and identify pertinent issues for
further research.
La diversité linguistique guyanaise longtemps constatée, mais finalement peu décrite de manière systématique, fait l'objet depuis une trentaine d'année d'études scientifiques portant sur des aspects linguistiques et sociolinguistiques,... more
La diversité linguistique guyanaise longtemps constatée, mais finalement peu décrite de manière systématique, fait l'objet depuis une trentaine d'année d'études scientifiques portant sur des aspects linguistiques et sociolinguistiques, mais aussi historiques et anthropologiques. Elle constitue « observatoire privilégié pour l'étude des relations entre langue et société » (Léglise & Migge 2007b). Le plurilinguisme qui caractérise le département est loin d'être une exception. Il est en effet communément admis actuellement que « nous vivons dans un monde où les situations de contacts de langues, loin de se réduire constituent un phénomène massif et de plus en plus général. » (Coste & Hébrard, 1991 : 8). Les sciences humaines, et plus particulièrement les sciences du langage, ne peuvent donc faire l'impasse d'une prise en compte de ce phénomène.
La Guyane est la seule région au monde où se côtoient des langues créoles à base française et des langues créoles à base anglaise. Parmi les créoles à base lexicale française présents en Guyane, on compte le créole guyanais, divers... more
La Guyane est la seule région au monde où se côtoient des langues créoles à base française et des langues créoles à base anglaise. Parmi les créoles à base lexicale française présents en Guyane, on compte le créole guyanais, divers créoles des petites Antilles (guadeloupéen, martiniquais, saint-lucien), et le créole haïtien. Parmi les créoles à base lexicale anglaise, on trouve l'aluku, le ndyuka et le pamaka (appelés aussi nenge), le saamaka (créole anglo-portugais), le sranan tongo (la langue véhiculaire du Surinam voisin) ainsi que le créole anglais du Guyana ou Guyanese Creole. Bien que les légères différences structurelles qui existent au sein des créoles d'une même base lexicale soient souvent brandies par les locuteurs pour marquer leur appartenance à un groupe (Aluku, Ndyuka, etc.), ou leur origine régionale (Martiniquais, Guyanais, etc.), l'intercompréhension en Guyane est presque totale au sein des locuteurs de créoles français, et au sein de ceux de créoles anglais (à l'exception peut-être du saamaka, dont la mixité anglo-portugaise limite l'intercompréhension avec les autres créoles anglais). Depuis une trentaine d'années, les études sur les langues créoles font reculer les préjugés qui les réduisent au rang de langues simples, sans grammaire, avec peu de vocabulaire, même si ces idées persistent encore, parfois même au sein des populations créolophones. Aujourd'hui, on considère que ces langues sont un formidable « laboratoire » d'analyse de la faculté humaine de langage (Hagège, 1987) et qu'elles ont encore beaucoup à nous apprendre en particulier sur l'évolution des langues.
La diversité linguistique guyanaise a de quoi fasciner : une quarantaine de langues s'y côtoient dont une vingtaine sont parlées par des groupes représentant au moins 1% de la population. Cette fascination peut se muer en véritable... more
La diversité linguistique guyanaise a de quoi fasciner : une quarantaine de langues s'y côtoient dont une vingtaine sont parlées par des groupes représentant au moins 1% de la population. Cette fascination peut se muer en véritable casse-tête pour les services publics en particulier dans les domaines de l'éducation, de la santé ou de la justice car les institutions ne s'y adaptent actuellement que très partiellement. Cette diversité, enfin, ne doit pas masquer les enjeux de pouvoir qui se cachent derrière la hiérarchisation des langues et des pratiques langagières.
This introductory chapter aims at re-visiting the social and linguistic context of contemporary Suriname and shifting attention away from the purely historical and anthropological construction of Surinamese reality to look instead at... more
This introductory chapter aims at re-visiting the social and linguistic context of contemporary Suriname and shifting attention away from the purely historical and anthropological construction of Surinamese reality to look instead at language practices in Suriname through the lens of identity construction, mobility patterns, linguistic ideology and multilingualism. The three main themes we engage in this book, language, identity and mobility overlap in several aspects, though the link between language and social identity would likely seem the most obvious for most people.
Research Interests:
In and Out of Suriname: Language, Mobility and Identity offers a unique multidisciplinary perspective on a multilingual society in the Caribbean and Guianan sphere. Breaking away from the view of bounded ethnicity, the authors address... more
In and Out of Suriname: Language, Mobility and Identity offers a unique multidisciplinary perspective on a multilingual society in the Caribbean and Guianan sphere. Breaking away from the view of bounded ethnicity, the authors address central theoretical issues of multilingual and multicultural societies including ethnicity as a social distinction, identity as the shifting construction of the self and others, and the role of language therein. They discuss the impact of contact and mobilities on language maintenance, expansion and change. Language, mobility and identity in Suriname are observed through the lens of the actors themselves, from the ever-mobile Amerindians and Maroons on the periphery of land and society through expanding urban societies enhanced by recent migration from Haiti, Brazil and China.
Après avoir été considérées comme des phénomènes marginaux intervenant lors de complexifications de situations ‘normales’ monolingues, les pratiques langagières plurilingues ont essentiellement été analysées sous l’angle du codeswitching.... more
Après avoir été considérées comme des phénomènes marginaux intervenant lors de complexifications de situations ‘normales’ monolingues, les pratiques langagières plurilingues ont essentiellement été analysées sous l’angle du codeswitching. Les approches grammairiennes se sont consacrées aux contraintes observables dans l’alternance des langues (Poplack 1981; Myers-Scotton 1993a) ou en situation de changement linguistique (Thomason 2001) alors que les approches interactionnelles ont identifié différentes significations sociales qui pouvaient y être associées (Gumperz 1982; Auer 1999; Rampton 2005). Or ces différentes approches se fondent toutes sur l’identification de langues en contact dans des corpus généralement bilingues, parfois plurilingues. Les critiques en sociolinguistique et anthropologie linguistique des langues comme niveau d’appréhension des phénomènes de variation et d’hétérogénéité se sont généralisées ces dernières années même si la focalisation sur les pratiques (linguistiques ou langagières) plutôt que sur les langues est ancienne et même constitutive de l’émergence de nos disciplines. Mais les travaux ont jusqu’à récemment encore trop souvent eu recours aux notions de langues – ou de variétés – qui sous-entendent l’établissement de systèmes fermés. Un ensemble de concepts ont toutefois été développés pour essayer de remettre en cause ces frontières étanches. De la même manière, la linguistique de corpus identifie univoquement des langues en corpus (Léglise et Alby 2013). La question des frontières, apparaît particulièrement cruciale pour les chercheurs lorsqu’on se focalise sur les questions de transcription car tout passage d’une sémiotique à l’autre pose des problèmes de frontières et oblige le chercheur à faire des choix tout en ayant comme souhait de rendre les systèmes de transcription compréhensibles à tout lecteur. Cet article discute différentes catégorisations actuelles telles que languaging ou polylanguaging qui tentent d’échapper à la mise en frontière des langues dans l’analyse des interactions. Il se fonde sur la discussion de ces travaux et sur des extraits de corpus plurilingues recueillis dans des situations endolingues ou exolingues. Tous ont été enregistrés en Guyane française ces dernières années et illustrent différents cas de pratiques plurilingues. Cet article montre finalement comment l’ambivalence ou le jeu sur les frontières est une caractéristique essentielle des pratiques plurilingues et hétérogènes et que ces frontières peuvent être, parfois à dessein, effacées ou réintroduites par les locuteurs – ce qu’une annotation précise des pratiques langagières hétérogènes permet de révéler.
Les mobilités et l’urbanisation croissante ou superdiversité ont pour conséquence le contact de répertoires linguistiques hétérogènes agissant comme ressources disponibles pour les locuteurs. Les pratiques langagières hétérogènes qui en... more
Les mobilités et l’urbanisation croissante ou superdiversité ont pour conséquence le contact de répertoires linguistiques hétérogènes agissant comme ressources disponibles pour les locuteurs. Les pratiques langagières hétérogènes qui en résultent en sont de bons exemples. Si ce type de productions plurilingues est fréquent au Sénégal, il pose un ensemble de problèmes pour annoter et décrire les phénomènes langagiers à l’œuvre et beaucoup reste à faire dans le domaine de la linguistique de corpus plurilingues. Nous présentons ici quelques choix d’annotation des données plurilingues et montrons que les choix actuels disponibles renvoient tous, explicitement ou implicitement, à des langues matrices que les concepts de pratiques langagières ou languaging devraient permettre de contourner.
Nous nous appuyons sur une méthode d’annotation dédiée aux corpus plurilingues (Léglise & Alby 2013, Vaillant & Léglise 2014) que nous appliquons à un corpus de pratiques langagières hétérogènes mêlant des éléments du créole casamançais, du français et du wolof, enregistrées auprès d’adultes originaires de Casamance et habitant les villes de Dakar et  Ziguinchor.
La présentation de quelques caractéristiques du corpus nous permet de discuter deux oppositions binaires généralement admises en linguistique du contact : l’opposition entre langue matrice et langue insérée, d’une part qui s’est progressivement imposée comme une évidence dans les analyses, et la dichotomie entre switching et mixing d’autre part.
Research Interests:
Language contact and multilingualism issues are addressed by so diverse research traditions that we consider corpora and data exchange as good ways to make these traditions discuss. In this paper, we describe a methodology for detailed... more
Language contact and multilingualism issues are addressed by so diverse research traditions that we consider corpora and data exchange as good ways to make these traditions discuss. In this paper, we describe a methodology for detailed analysis of heterogeneous corpora which can be used to take into account both synchronic phenomena (linguistic variation and instances of polylanguaging or codeswitching) and diachronic phenomena. We point out the epistemological questions that arise in the analysis of plurilingual data and discuss the choices made with respect to the current norms and standards followed in corpus linguistics with a view to providing multi-factorial explanations in the field of language contact and multilingualism. We rely here on the methodology developed in the research project CLAPOTY.
Research Interests:
Après avoir été considérées comme des phénomènes marginaux intervenant lors de complexifications de situations ‘normales’ monolingues, les pratiques langagières plurilingues ont essentiellement été analysées sous l’angle du codeswitching.... more
Après avoir été considérées comme des phénomènes marginaux intervenant lors de complexifications de situations ‘normales’ monolingues, les pratiques langagières plurilingues ont essentiellement été analysées sous l’angle du codeswitching. Les approches grammairiennes se sont consacrées aux contraintes observables dans l’alternance des langues (Poplack 1981; Myers-Scotton 1993a) ou en situation de changement linguistique (Thomason 2001) alors que les approches interactionnelles ont identifié différentes significations sociales qui pouvaient y être associées (Gumperz 1982; Auer 1999; Rampton 2005). Or ces différentes approches se fondent toutes sur l’identification de langues en contact dans des corpus généralement bilingues, parfois plurilingues.
Les critiques en sociolinguistique et anthropologie linguistique des langues comme niveau d’appréhension des phénomènes de variation et d’hétérogénéité se sont généralisées ces dernières années même si la focalisation sur les pratiques (linguistiques ou langagières) plutôt que sur les langues est ancienne et même constitutive de l’émergence de nos disciplines. Mais les travaux ont jusqu’à récemment encore trop souvent eu recours aux notions de langues – ou de variétés – qui sous-entendent l’établissement de systèmes fermés. Un ensemble de concepts ont toutefois été développés pour essayer de remettre en cause ces frontières étanches.
De la même manière, la linguistique de corpus identifie univoquement des langues en corpus (Léglise et Alby 2013). La question des frontières, apparaît particulièrement cruciale pour les chercheurs lorsqu’on se focalise sur les questions de transcription car tout passage d’une sémiotique à l’autre pose des problèmes de frontières et oblige le chercheur à faire des choix tout en ayant comme souhait de rendre les systèmes de transcription compréhensibles à tout lecteur.
Cet article discute différentes catégorisations actuelles telles que languaging ou polylanguaging qui tentent d’échapper à la mise en frontière des langues dans l’analyse des interactions. Il se fonde sur la discussion de ces travaux et sur des extraits de corpus plurilingues recueillis dans des situations endolingues ou exolingues. Tous ont été enregistrés en Guyane française ces dernières années et illustrent différents cas de pratiques plurilingues. Cet article montre finalement comment l’ambivalence ou le jeu sur les frontières est une caractéristique essentielle des pratiques plurilingues et hétérogènes et que ces frontières peuvent être, parfois à dessein, effacées ou réintroduites par les locuteurs – ce qu’une annotation précise des pratiques langagières hétérogènes permet de révéler.
Research Interests:
Contact linguistics is a thriving area of research. There are two broad lines of research. The first one, from a diachronic perspective, focuses on the description of the outcomes of contact and its impact on the languages involved. The... more
Contact linguistics is a thriving area of research. There are two broad lines of research. The first one, from a diachronic perspective, focuses on the description of the outcomes of contact and its impact on the languages involved. The other one takes a synchronic approach and explores the social and linguistic effects of on- going contact settings involving multilingualism and code alternation. Despite overlapping interests there is relatively little interaction and cross-fertilisation between these two lines of research.  We would like here to show which precise methodology can be implemented while analyzing heterogeneous and multilingual corpora, drawing on these two lines of research. We are looking both at synchronic variation and change and at codeswitching and codemixing phenomena.
In the frame of a research programme on the study of language contact phenomena and of their role in linguistic change, there currently is an effort to collect plurilingual corpora, exhibiting a great variety of contact phenomena on a... more
In the frame of a research programme on the study of language contact phenomena and
of their role in linguistic change, there currently is an effort to collect plurilingual corpora,
exhibiting a great variety of contact phenomena on a sample of languages of various genetical
and typological background. This has implied developing a specific document processing
software for digital corpora with internal plurilingualism, in order to represent, store, annotate,
and visualize their linguistic data, and to build data mining tools. Existing encoding standards
have been extended to cope with such phenomena as speech segments “floating” between
languages, occurring in plurilingual talk. In this article, we describe the structure that has been
defined for the plurilingual corpora, and the background definition of plurilingual linguistic
units that is used for statistical analysis in the corpora.
This chapter focusses on various methodologies we can rely on to study heterogeneity and dialectal variation among multilingual speakers. We first focus on linguistic variation in contact settings and present a methodology to describe... more
This chapter focusses on various methodologies we can rely on to study heterogeneity and dialectal variation among multilingual speakers. We first focus on linguistic variation in contact settings and present a methodology to describe heterogeneous and multilingual corpora and show how languages sometimes overlap. A second part focusses on (dialectal) language boundaries and how speakers may sometimes use unmarked elements showing fuzziness or reorganization of language boundaries. The role of ideology is highlighted in discourse but also at play in language practices and in doing-being ‘multilingual’, ‘urban and modern’ or performing authenticity. The third part focusses on how speakers use dialectal and linguistic resources from their linguistic repertoire in their everyday life interactions as stances and acts of identity.
Although it is well accepted that linguistic naming conventions provide valuable insights into the social and linguistic perceptions of people, this topic has not received much attention in sociolinguistics. Studies focus on the... more
Although it is well accepted that linguistic naming conventions provide valuable
insights into the social and linguistic perceptions of people, this topic has not received
much attention in sociolinguistics. Studies focus on the etymology of names, details
about the social and historical circumstances of their emergence, and their users, and
sometimes make recommendations about the appropriateness of terms. This article
departs from this tradition. Focusing on the term “Takitaki” in French Guiana, it shows
that an analysis of the discursive uses of language names by all local actors provides
significant insights into the social and linguistic makeup of a complex sociolinguistic
situation. Descriptions of languages in such settings should be based on the varieties
identified by such an analysis and on practices in a range of naturalistic interactions.
Based on these analytical steps, the authors propose a multi-perspective approach to
language documentation.
La littérature concernant la variation linguistique étudiée pour elle-même (Labov 1966 et 1972, Milroy et Milroy 1978, Gadet 1997 et 2003) ou la variation menant au changement (Labov 1994 et 2001) a souvent quasi-exclusivement adopté une... more
La littérature concernant la variation linguistique étudiée pour elle-même (Labov 1966 et 1972, Milroy et Milroy 1978, Gadet 1997 et 2003) ou la variation menant au changement (Labov 1994 et 2001) a souvent quasi-exclusivement adopté une perspective monolingue . Hormis les études dans le domaine de l’acquisition-apprentissage des langues ou sur les parlers jeunes par exemple, les travaux proposant l’intégration du contact de langues dans l’étude de la variation linguistique sont peu fréquents dans la littérature internationale, et en France en particulier. Cet article présente une revue des travaux dans ce domaine.
Il y a vingt-cinq ans, F. Grenand (1982 : 25) observait que la mise en place en Guyane d'un « enseignement adapté » permettrait de combler un retard d'une dizaine d'années et s'inquiétait du fait que ce retard pourrait prendre plus... more
Il y a vingt-cinq ans, F. Grenand (1982 : 25) observait que la mise en place en Guyane d'un « enseignement adapté » permettrait de combler un retard d'une dizaine d'années et s'inquiétait du fait que ce retard pourrait prendre plus d'ampleur si rien n'était fait : « Que l'on réussisse à sensibiliser les responsables de l'Education nationale à ce problème, que l'on parvienne à mettre sur pied une politique d'éducation réellement adaptée [...], et l'on aura simplement perdu une dizaine d'années ». Qu'en est-il aujourd'hui de ce « retard » ? La sensibilisation engagée par des acteurs sociaux et des chercheurs depuis plus de trente ans a-t-elle porté ses fruits ? Comment la notion même « d'enseignement adapté » a-t-elle évolué dans les discours scientifiques ? Au travers d'une analyse de quatre décennies de discours portant sur l'enseignement en contexte guyanais, ce texte tente de répondre à ces quelques questions et revient plus spécifiquement sur la place souhaitée – en fonction des époques –pour les langues premières des élèves à l'école.
The French educational system commonly invalidates the multilingualism of primary school children. In French Guiana, a French overseas territory, this system operates and minority languages (Indigenous languages, Creole languages, Migrant... more
The French educational system commonly invalidates the multilingualism of primary school children. In French Guiana, a French overseas territory, this system operates and minority languages (Indigenous languages, Creole languages, Migrant languages and so on) are rarely or never taken into account. Official texts do not prohibit the use of languages other than French in the classroom; however, education officials often state that other languages are prohibited when advising and evaluating teachers. Ethnographic fieldwork and data from a range of schools in French Guiana show that in everyday interactions teachers do code-switch and that children’s mother tongues are often used in the classroom by the children (in some form of translanguaging), by the teachers, and by other participants. This paper shows that multilingualism and translanguaging can be used as a positive asset for both teaching and learning.
Après une présentation du contexte guyanais et une caractérisation de la population en âge d’être scolarisée, basée sur les travaux sociolinguistiques menés en Guyane ces quinze dernières années, nous discutons des dispositifs qui se... more
Après une présentation du contexte guyanais et une caractérisation de la population en âge d’être scolarisée, basée sur les travaux sociolinguistiques menés en Guyane ces quinze dernières années, nous discutons des  dispositifs qui se sont développés dans ce contexte en nous basant sur les travaux internationaux dans le domaine de l’éducation bilingue et sur une analyse des politiques linguistiques françaises. Dans une troisième partie, nous montrons quelques pratiques pédagogiques innovantes malgré ce cadre relativement rigide.
Bien que trois quart des enfants en Guyane ne parlent pas le français avant d'aller à l'école, longtemps, la seule langue d'enseignement a été le français. La ratification de la circulaire Savary par l'Académie de Guyane en 1986 pour le... more
Bien que trois quart des enfants en Guyane ne parlent pas le français avant d'aller à l'école, longtemps, la seule langue d'enseignement a été le français. La ratification de la circulaire Savary par l'Académie de Guyane en 1986 pour le créole guyanais, puis la mention de douze langues de Guyane comme « langues de France » par le rapport Cerquiglini en 1999 ont permis de développer des programmes d'enseignement (partiellement) bilingues en Guyane. Actuellement, ces dispositifs ne s'appliquent qu'au créole, langue régionale, et aux élèves « issus de milieux principalement créolophone[s] ou amérindien[s] ». Les élèves locuteurs d'autres langues minoritaires, considérées parfois à tort comme des « langues de l'immigration », ne voient leurs langues valorisées dans aucun dispositif, alors que le plurilinguisme de tous pourrait être une formidable ressource pour l'enseignement et le vivre ensemble.
Cet article traite de la politique linguistique éducative actuellement en vigueur en Guyane Française concernant la prise en compte des langues et cultures régionales dans ce département d'Outre Mer. Au travers d'une analyse des discours... more
Cet article traite de la politique linguistique éducative actuellement en vigueur en Guyane Française concernant la prise en compte des langues et cultures régionales dans ce département d'Outre Mer. Au travers d'une analyse des discours officiels de l'institution scolaire, des différentes actions mises en place dernièrement et des discours ordinaires des enseignants sur le terrain, il interroge les politiques actuellement en œuvre. S'appuyant sur des résultats d'enquêtes sociolinguistiques et sur un point de vue didactique, il critique un traitement doublement différencié : entre certaines langues " dites régionales " depuis leur mention dans le rapport Cerquiglini et les autres, et entre des publics scolaires dits " hétérogènes " et ceux considérés comme ethniquement et linguistiquement " homogènes ".
Migge, Bettina and Léglise, Isabelle (2007). Language and colonialism. Applied linguistics in the context of creole communities. In Marlis Hellinger and Anne Pauwels (eds.), Language and Communication : Diversity and Change. Handbook of... more
Migge, Bettina and Léglise, Isabelle (2007). Language and colonialism. Applied linguistics in the context of creole communities. In Marlis Hellinger and Anne Pauwels (eds.), Language and Communication : Diversity and Change. Handbook of Applied Linguistics 297-338. Berlin: ...
... the following people: Sophie Alby, Nick Faraclas, Antonella Tassinari, Michael Forman, Ronald Kephart, Michel Launey, Odile Lescure, Silvia Macedo, Xoán ... that it was not possible to isolate a sufficiently distinct prestige variety... more
... the following people: Sophie Alby, Nick Faraclas, Antonella Tassinari, Michael Forman, Ronald Kephart, Michel Launey, Odile Lescure, Silvia Macedo, Xoán ... that it was not possible to isolate a sufficiently distinct prestige variety suitable for educational purposes (Valdman 1989 ...
This book proposes a new methodological approach to documenting languages spoken in multilingual and socially and linguistically heterogeneous and dynamic contexts. Tracing the investigation of one unique linguistic space, the... more
This book proposes a new methodological approach to documenting languages spoken in multilingual and socially and linguistically heterogeneous and dynamic contexts. Tracing the investigation of one unique linguistic space, the English-lexified creole language called Takitaki in multilingual French Guiana, the book illustrates how interactional sociolinguistic, discourse analytical and quantitative sociolinguistic approaches can be fruitfully integrated with structural approaches to language in order to systematically resolve dicey but rarely theorised/discussed questions (what are the outlines of the community, who is a rightful speaker, what speech to document etc) that frequently crop up in projects of language documentation in multilingual contexts. The authors argue that comprehensively documenting complex linguistic phenomena requires taking into account the views of all local social actors (speakers, institutions, linguists, non-speakers etc), applying a range of complementary data collection and analysis methods and putting issues of ideology, variation, language contact and interaction centre stage.
This volume is at cross-roads between two research traditions dealing with language change: contact linguistics and language variation and change. It departs from the consideration that linguistic variation is still an opaque area for... more
This volume is at cross-roads between two research traditions dealing with language change: contact linguistics and language variation and change. It departs from the consideration that linguistic variation is still an opaque area for most contact-induced language change studies. Intending to fill this gap, it offers a rich panorama of case studies and approaches dealing with linguistic variation in contact settings. It concentrates both at monolingual data, tracing variation and contact beneath surface homogeneity and at apparent heterogeneity, such as code-switching, or multilingual data showing variation, and traces their underlying regularities. It shows the relationship between variation and change in language contact settings.
This volume deals with some never before described morphosyntactic variations and changes appearing in settings involving language contact. Contact-induced changes are defined as dynamic and multiple, involving internal change as well as... more
This volume deals with some never before described morphosyntactic variations and changes appearing in settings involving language contact. Contact-induced changes are defined as dynamic and multiple, involving internal change as well as historical and sociolinguistic factors. The identification of a variety of explanations constitutes a first step; analyzing their relationships forms a second. Only a multifaceted methodology enables this fine-grained approach to contact-induced change. A range of methodologies are proposed, but the chapters generally have their roots in a typological perspective. The contributors recognize the precautionary principle: for example, they emphasize the difficulty of studying languages that have not been described adequately and for which diachronic data are not extensive or reliable. Three main perspectives on contact-induced language change are presented. The first explores the role of multilingual speakers in contact-induced language change, especially their spontaneous innovations in discourse. The second explores the differences between ordinary contact-induced change and change in endangered languages. The third discusses various aspects of the relationship between contact-induced change and internal change
L'activité d'expertise et les discours d’individus érigés ou auto-proclamés en experts sont devenus omniprésents dans la société contemporaine. Cet ouvrage traite des discours et rapports qu’ils fournissent ou qui sont produits en leur... more
L'activité d'expertise et les discours d’individus érigés ou auto-proclamés en experts sont devenus omniprésents dans la société contemporaine. Cet ouvrage traite des discours et rapports qu’ils fournissent ou qui sont produits en leur nom. Il confronte les points de vue de plusieurs champs disciplinaires des sciences humaines et sociales : sciences politiques, droit, sociologie, sociologie politique, sciences de l’information et de la communication, analyse conversationnelle, linguistique et analyse de discours sont ainsi convoqués. L’ambition de cet ouvrage est de faire communiquer les apports de ces approches avec les analyses de corpus attentives aux contraintes et aux effets so-ciaux dont le langage est porteur. Il traite de trois thèmes : expertise et médias, expertise et justice, expertise et citoyens. En caractérisant les discours qui sont produits, il interroge les liens entre expertise et savoir, rapproche expertise et manipulation et montre les liens entre expertise et pouvoir.
This volume offers a first survey of projects from around the world that seek to implement Creole languages in education. In contrast to previous works, this volume takes a holistic approach. Chapters discuss the sociolinguistic,... more
This volume offers a first survey of projects from around the world that seek to implement Creole languages in education. In contrast to previous works, this volume takes a holistic approach. Chapters discuss the sociolinguistic, educational and ideological context of projects, policy developments and project implementation, development and evaluation. It compares different kinds of educational activities focusing on Creoles and discusses a list of procedures that are necessary for successfully developing, evaluating and reforming educational activities that aim to integrate Creole languages in a viable and sustainable manner into formal education. The chapters are written by practitioners and academics involved in educational projects. They serve as a resource for practitioners, academics and persons wishing to devise or adapt educational initiatives.
Les objets, les terrains, les théories des linguistes sont multiples. Cette pluralité s'accompagne d'une pluralité de positionnements et d'applications possibles. Dans le monde anglo-saxon, le domaine extrêmement développé des " applied... more
Les objets, les terrains, les théories des linguistes sont multiples. Cette pluralité s'accompagne d'une pluralité de positionnements et d'applications possibles. Dans le monde anglo-saxon, le domaine extrêmement développé des " applied linguistics " - de la didactique à la terminologie en passant par l'analyse de discours, l'acquisition, la linguistique de corpus ou la conception assistée par ordinateur - recouvre l'intégralité des retombées sociales des sciences du langage. Il n'en est pas de même en France où la réflexion dans ce domaine nous semble peu théorisée. Que fait-on quand on intervient ? Que fait-on lorsqu'on va sur le terrain pour obtenir des données, qu'on propose un " retour aux acteurs " ou qu'on transmet des résultats, lorsqu'on enseigne, conseille ou expertise ? Pour qui intervient-on, pour quoi le fait-on, jusqu'où peut-on ou veut-on aller lors d'interventions linguistiques ? De quels outils théoriques et épistémologiques a-t-on besoin ? Comment éviter le piège de l' " applicationnisme " irraisonné ? Généraliser des interventions, c'est également voir émerger des métiers liés aux sciences du langage. Quelles formations peut-on envisager pour ces métiers ? Quels décalages entre des demandes du terrain et des propositions des linguistes ? Comment les gérer ? Voici quelques unes des questions que pose cet ouvrage.
Le terme propagande peut également être confronté, dans une perspective de définition notionnelle, à deux autres entités : publicité et politique. C'est la tache à laquelle s'attelle Gourevitch (1981) qui distingue propagande et... more
Le terme propagande peut également être confronté, dans une perspective de définition notionnelle, à deux autres entités : publicité et politique. C'est la tache à laquelle s'attelle Gourevitch (1981) qui distingue propagande et publicité à l'aide de quelques indices clés. La première, « centrée sur la dénonciation du mal », « fomente la dissension et proscrit », la seconde, «
Nous nous intéressons ici à la question des insultes et des joutes verbales chez les jeunes en âge d'être scolarisés, en nous appuyant sur des entretiens et des observations effectués auprès de médiateurs urbains. Nous mettons en regard... more
Nous nous intéressons ici à la question des insultes et des joutes verbales chez les jeunes en âge d'être scolarisés, en nous appuyant sur des entretiens et des observations effectués auprès de médiateurs urbains. Nous mettons en regard les pratiques langagières des médiateurs et leurs déclarations sur ces questions, notamment en ce qui concerne la définition, à l'intérieur ou à l'extérieur des groupes de pairs, des mots qui sont affectueux et de ceux qui font mal.
Research Interests:
« La compréhension est un cas particulier du malentendu. » Cette formule synthétique permet de rappeler que le formidable outil de travail que constitue le langage pour de nombreux acteurs sur le terrain social n’en demeure pas moins... more
« La compréhension est un cas particulier du malentendu. » Cette formule synthétique permet de rappeler
que le formidable outil de travail que constitue le
langage pour de nombreux acteurs sur le terrain social
n’en demeure pas moins source de difficultés
This chapter examines youth stylistic pratices and their variations in spoken French. Dans cet article, après avoir présenté les discours tenus par une quinzaine de médiateurs sur les manières de parler de leurs jeunes usagers, nous... more
This chapter examines youth stylistic pratices and their variations in spoken French.

Dans cet article, après avoir présenté les discours tenus par une quinzaine de médiateurs sur les manières de parler de leurs jeunes usagers, nous les mettrons en parallèle avec leurs propres pratiques, lors d'entretiens avec le chercheur et dans diverses situations (dans le groupe de pairs, notamment lors de réunions de travail dans le cadre de la médiation, ou lors de pauses café, au cours de leur formation). Une description d'aspects syntaxiques et suprasegmentaux sera proposée. Puis, nous analyserons les discours que tiennent les médiateurs à propos des phénomènes de variation dans les manières de parler des jeunes tout en confrontant ces mêmes phénomènes à leurs propres pratiques langagières saisies au travers de plusieurs situations de communications.
Le texte part de l'impression largement partagée ‘d'oral débridé', c'est-à-dire de pratiques langagières orales variées propres essentiellement à une population en âge d'être scolarisée auxquelles les travailleurs sociaux sont confrontés... more
Le texte part de l'impression largement partagée ‘d'oral débridé', c'est-à-dire de pratiques langagières orales variées propres essentiellement à une population en âge d'être scolarisée auxquelles les travailleurs sociaux sont confrontés souvent dans l'incompréhension, l'étonnement, la crainte ou la réprobation. Dannequin (1997) par exemple dresse la liste des plaintes dont les travailleurs sociaux, éducateurs ou juges, se font l'écho : incivilités, violences verbales, incompréhensions... Les incompréhensions linguistiques seraient dues notamment au plan suprasegmental qui serait « maltraité » : un « débit haché », un « accent banlieue », en même temps qu'une « absence de maîtrise des niveaux de langue » caractériseraient les pratiques des jeunes en âge d'être scolarisé et « agresseraient » les éducateurs. Suivant l'hypothèse de Nicole Gueunier (2000), on peut toutefois considérer que cette « frontière d'incommunicabilité générationnelle relève autant du relationnel et des représentations que du linguistique ». Dans ce texte, nous suivons cette piste de l'incommunicabilité liée à des différences d'interprétation d'un matériau linguistique source de multiples malentendus.
Research Interests:
Résumé grand public La rupture de transmission des langues au sein de la famille mène à l’abandon de langues par des communautés entières, phénomène connu sous le nom de language shift (Thomason & Kaufman 1988) et advient généralement... more
Résumé grand public

La rupture de transmission des langues au sein de la famille mène à l’abandon de langues par des communautés entières, phénomène connu sous le nom de language shift (Thomason & Kaufman 1988) et advient généralement en situation de forte pression des langues majoritaires sur les langues minoritaires ou minorisées. En France, on observe généralement l’abandon des langues d’origine, en famille, dans un laps de temps correspondant à trois générations (Héran et al., 2002). Condon (2006) montre des résultats décroissants de transmission de la langue d’origine, liés au pays de naissance des parents, et à leur scolarisation ou non en France, aux contacts en dehors de la cellule familiale, ainsi qu’aux représentations positives ou négatives liées à cette langue. Par exemple, pour les enfants de parents nés en Turquie, la langue turque est parlée en famille, lue et écrite (80%) bien plus que ne l’est l’arabe pour les Algériens (14,9%), ou l’espagnol (68%).
Engagées dans un souhait de réussite dans des sociétés où d’autres langues que leur langue maternelle sont majoritaires et valorisées, les familles sont confrontées à de douloureux choix faits d’adaptations et de ruptures en grande partie inconscients (Erikson 1980) et liés à des enjeux identitaires importants. Le sentiment que certains groupes auxquels on n’appartient pas (et qui pratiquent les « bonnes » langues) seraient meilleurs (Cohen-Scali & Guichard 2008) ou réussiraient mieux est un élément susceptible d’expliquer la non-transmission de langues en contexte minoritaire.
Pour mieux interroger le lien entre transmission des langues et construction identitaire des individus en contexte minoritaire, nous avons travaillé avec des familles arabo-turcophones originaires du sud de la Turquie. Des entretiens compréhensifs (dans les langues parlées en famille : arabe, turc, français) ont été réalisés pour mieux appréhender le contexte sociolinguistique des familles. Des enregistrements d’interactions spontanées en famille ont également été réalisés, mettant en scène trois générations de locuteurs aux répertoires linguistiques pluriels.
34 personnes appartenant à 4 familles ont été rencontrées et enregistrées. Globalement, la transmission des langues d’origine est vécue comme une nécessité mais aussi comme une difficulté. Les familles trouvent peu de support dans les associations et auprès des institutions. L’étude des pratiques langagières spontanées en famille montre pour sa part l’utilisation des différentes langues présentes dans les répertoires – même si la 3e génération, née en France, s’exprime la plupart du temps en français, elle mobilise toute ses ressources pour communiquer avec les grands-parents. Ces derniers montrent par ailleurs une très grande capacité d’adaptation puisqu’ils suivent les choix linguistiques de leurs petits-enfants, allant même jusqu’à reprendre des formules appartenant à l’arabe dialectal maghrébin et que les jeunes générations ont acquises, non pas en famille mais probablement auprès d’amis de l’école ou du quartier. On voit là comment la transmission par les pairs vient compléter une transmission intergénérationnelle parfois délicate.
The Contact and Multilingualism (CAM) series at Language Science Press aims at providing a high quality and open-access publishing platform for empirical and theoretical studies on multilingualism and language contact. Being an inherently... more
The Contact and Multilingualism (CAM) series at Language Science Press aims at providing a high quality and open-access publishing platform for empirical and theoretical studies on multilingualism and language contact. Being an inherently interdisciplinary domain of research, the study of multilingualism and language contact feeds on different areas, branches of linguistics and connected disciplines ranging from qualitative and quantitative sociolinguistics, contact linguistics, historical linguistics, linguistic anthropology, language acquisition and socialization, discourse analysis, sociology of language, to linguistic typology. The CAM series takes interest in the multifactorial nature of language contact and it welcomes studies on both synchronic and diachronic aspects of multilingualism worldwide and especially in the Global South. Topics covered by the series include individual and societal aspects of multilingualism, variation in contact settings, multilingual repertoires, multilingualism and transnationality, multilingual practices (e.g. switching, mixing, poly / translanguaging), contact-induced language change, areal convergence/divergence, as well as the emergence and the typologisation of contact languages. Given the peculiar epistemological problems in the analysis of heterogeneous data gathered in multilingual settings, we also welcome methodological contributions proposing innovative solutions for the collection, the treatment, and the qualitative/quantitative analysis of plurilingual corpora. In addition, the CAM series invites studies on language regimentation, critical discourse analysis, linguistic landscape and language ideologies in multilingual societies. Ethnographies will also be most welcome. The CAM series will publish monographs and edited volumes.
Research Interests:
This workshop has been organized at the CNRS SeDyL Center, in Paris Villejuif, which has a long research tradition on language contact and an expertise on the analysis of language practices as social practices (Boutet et al. 1976) in... more
This workshop has been organized at the CNRS SeDyL Center, in Paris Villejuif, which has a long research tradition on language contact and an expertise on the analysis of language practices as social practices (Boutet et al. 1976) in multilingual settings (Léglise & Alby 2016) and especially in postcolonial contexts (Léglise 2017) where language policy of various institutions – State, schools, hospital etc. – also needs to be investigated (Léglise 2007, Lemercier, Muni Toke & Palomares 2014, Alby & Léglise 2016). A specific strand of research focusses on language practices within transnational families between European regions and countries referred to as the Global South (Gorovitz & Léglise 2015, Istanbullu & Léglise 2014, Istanbullu 2015).
The Multiling Center in Oslo has a strong expertise in Family Language Policy, a strand of research well developed in the Anglophone research tradition (Fogle & King 2017) but with little resonance in France. Within the project MultiFam, transnational and multilingual families with Polish, German, Portuguese, Swahili and Norwegian among the main family languages are in focus to understand multilingual practices, policies and management. Interactions and attitudes are taken into account to understand language acquisition and learning in children and adults (Lanza 2004, Golden & Lanza 2013). Language experiences, ideologies and multilingual social spaces are the perspectives that researchers take to make sense of complex transnational settings (Purkarthofer 2017, Purkarthofer & Steien in press).
Issues discussed included ideologies on transnational parenting as well as on acquisition in transnational families. Exchanges did contribute to a better understanding of research environments and enrich both research practices in Paris and in Oslo, including the discussion of methodologies to analyze family language practices.
This international conference examines the uniqueness of lingui-stic and cultural practices and ways of knowledge transmission from past to present. It also shines light on diversity and proximity of South-east Asian contexts in ancient... more
This international conference examines the uniqueness of lingui-stic and cultural practices and ways of knowledge transmission from past to present. It also shines light on diversity and proximity of South-east Asian contexts in ancient time as well as the present.
In the field of education, the conference intends to promote a discussion on various forms of knowledge transmission, including traditional models, either esoteric or exoteric systems of the ancient structures in stateless societies or those knowledge structures influenced by India, China or Islam. Contemporary formal and informal education systems will also be parts of the discussion. Specifically, the conference will explore cultural transmission through languages and norms at different levels (family, school, religion and social group) and how such transmission is ensured. The conference intends to understand how schools are trying to implement state policies of linguistic and cultural homogenization while at the same time trying to address the issues of linguistic and cultural diversity in their curricula.

As for the field of language and culture, the conference will discuss issues of uniqueness and diversity among individuals, ethno-cultural and national experiences, and the specific conception of the world as seen through those lenses. Language – be it the language of a minority or a national community, oral or written – is both the means by which cultural transmission is performed and a part of the cultural complex itself. In other words, language is the foremost manifestation of cultural complexity. Issues such as colonial legacies and relations between local and globalized languages and cultures as well as the description of languages will also be examined in this conference.
GlobalisationS et circulations des idées, des savoirs et des normes Colloque international organisé par la Fédération Sciences Sociales Sud (F3S) 12-13 septembre 2019 La notion de circulation se démarque du diffusionnisme des approches en... more
GlobalisationS et circulations des idées, des savoirs et des normes Colloque international organisé par la Fédération Sciences Sociales Sud (F3S) 12-13 septembre 2019 La notion de circulation se démarque du diffusionnisme des approches en termes de « transfert » : les processus de déplacement, les échanges, les hybridations, les processus d'aller-retour sont pris en compte, plutôt qu'un simple mouvement d'un lieu de départ à un lieu d'accueil. L'objectif de notre colloque est ainsi de revenir sur les études de « la globalisation » à partir des circulations des idées, des normes et des savoirs, en étant attentifs aux stratégies des acteurs, dans une perspective décentrée, et en dépassant les approches en termes de transfert et d'uniformisation. Il s'agit ainsi d'étudier l'impact des polarisations économiques et des rapports de pouvoir internationaux sur ces circulations d'idées, de normes et de savoirs, mais en dépassant le seul face à face entre hégémonies et subalternisations et une vision en termes d'uniformisation : peut-on parler ici de globalisations au pluriel ou observer des processus de globalisation parallèles non-hégémoniques ? Quels en sont les acteurs et les processus principaux ? Dans quelle mesure, par exemple, des fragmentations des territoires ou des segmentations sociales transparaissent également dans ces circulations, dans ces processus d'appropriations et de réinventions de savoirs, en particulier dans les imaginaires collectifs ? Nous souhaitons ainsi interroger les manières dont les idées, les normes et les savoirs circulent pour rendre compte des asymétries à l'oeuvre, mais aussi de la manière dont, dans les pratiques, elles peuvent être contournées, remises en cause, réinterprétées dans des configurations parfois inédites. Ces réflexions seront menées autour de 5 axes. Invitation à panels pour une conférence en septembre 2019 à Paris (date limite de soumission : 7 septembre 2018)
Research Interests:
Paris, 12-14 June 2017 Given that Paris and Chicago are centers of scholarly vitality in their own respective lines of research and teaching, we propose to organize a bilateral conference exploring the socially framed and culturally... more
Paris, 12-14 June 2017

Given that Paris and Chicago are centers of scholarly vitality in their own respective lines of research and teaching, we propose to organize a bilateral conference exploring the socially framed and culturally focused study of language, particularly through analysis of language-in-use, on which such work rests.  While there is, of course, continuing trans-Atlantic consciousness of such work through journals and other forms of publication, there has been little in the way of direct, systematic conversation in the setting of an international conference such as we are proposing. In particular, we propose to become familiar with each other’s modes of defining and working particular empirical issues, sensitively focusing on the backdrop of how different disciplinary connections and influences shapes such work in what is variously termed linguistic anthropology, sociolinguistics, anthropology or sociology of language, etc.  We propose a three-day conference on the theme of “language as a lens on culture and society,” during which each invited participant from one or the other home milieu will present a piece of his or her current research, to be followed by a counterpart’s responsive commentary that initiates a more general discussion.  We hope to come to understand the areas that promise future trans-Atlantic interlocution and research collaboration.
Research Interests: